Pierre Loti : "Nouvelles du Pays basque", une belle découverte littéraire
Quand j'ai débuté l'écriture de mon roman policier dont l'intrigue tourne autour du masque kanak de Pierre Loti (1), longtemps conservé dans sa maison de Rochefort, et désormais exposé au Musée Hèbre de la même ville, je me suis tout naturellement (re)plongé dans la lecture de ses livres les plus connus : Pêcheur d'Islande, Ramuntcho, etc.
Pour moi qui n'avais retenu jusque-là que le caractère fantasque de cet écrivain, la découverte de son Journal intime m'a beaucoup appris sur l'auteur.
Bien sûr, les livres d'Alain Quella-Villéger (spécialiste et universitaire poitevin) ont achevé de parfaire mes connaissances.
Loti, multi-facettes
Depuis la publication de mon polar, je me documente régulièrement sur Pierre Loti. Et chacune des facettes de l'auteur ne cesse de me surprendre : entre le Loti sous l'uniforme d'officier de marine, le Loti écrivain, le Loti académicien, le Loti Rochefortais, le Loti basque ou tout simplement le Loti avec ses forces et ses faiblesses (sa soif de vivre, de prendre une revanche sur le destin et sa double vie sentimentale), il y a de quoi se perdre dans les pleins et les déliés d'une existence aussi imprévisible que les mers sur lesquelles il avait été appelé à naviguer.
Les amis du château d'Abbadia
Une visite récente au château-observatoire d'Abbadia à Hendaye (notre photo) où le Rochefortais avait ses habitudes et était accueilli avec tous les honneurs dus à son talent par Antoine Abbadie et son épouse, m'a permis d'acquérir un recueil étonnant : "Nouvelles du Pays que Basque" (Éditions Kilika).
L'amateur curieux que je suis, a été, je l'avoue, particulièrement ému par l'ouvrage qui se lit comme une déclaration d'amour à une culture et des paysages très éloignés de ses terres charentaises-maritimes.
Oubliant la légende, bâtie autour de l'écrivain, le lecteur s'étonne de côtoyer un Loti intime, ébloui par un peuple basque attaché à la survie de sa langue et de ses traditions.
Sincérité touchante
Le coup de foudre permanent pour ce Pays où il choisira de s'installer (dès 1891 à Hendaye) a amené l'auteur à écrire une série de textes empreints d'une sincérité touchante. Il y évoque par petites touches la vie dans les villes traversées comme dans les plus petits villages reculés, les déplacements sur les chemins les plus escarpés comme sur les eaux faussement tranquilles de la Bidassoa, frontière naturelle entre la France et l'Espagne.
Bref, il raconte le cœur même de tout un territoire (à forte identité culturelle), encore préservé et à l'écart du monde, qu'il considérait déjà menacé par le tourisme de masse, favorisé par le chemin de fer.
En 250 pages, avec ses envolées lyriques (souvenirs d'une messe de minuit, adieux au Pays basque, ...), ses descriptions détaillées (cathédrale de Burgos, sanctuaire de Loyola, ...) et une série de rencontres avec des habitants (un dimanche d'hiver, la danse des épées, les chemineaux, ...) Loti fixe une carte postale nostalgique d'une époque qu'il juge sur le point de disparaître et dont il lui faut, à tout prix, témoigner.
Et Pays basque oblige, il y adjoint l'évocation de figures locales de renom dont l'incontournable Chiquito (Bernard Jospeh Apesteguy) de Cambo, champion incontesté de pelote basque...
Pierre Loti, Nouvelles du Pays basque - Kilika éditions
(1) Pierre Loti dans un polar : La prophétie du masque des ténèbres (Éditions Sud-Ouest) : lire ici



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